Le carnet de santé sous le bras, rendez-vous chez le pédiatre calé, et pourtant : au moment de constituer le dossier d’inscription en crèche, la surprise est fréquente. La liste des vaccins exigés ne ressemble plus du tout à celle que connaissaient les parents il y a encore quelques années. Entre les injections classiques et les nouveautés apparues récemment, s’y retrouver relève parfois du casse-tête, surtout quand on jongle déjà avec les nuits courtes et les biberons à préparer. Le calendrier vaccinal 2026 rebat les cartes, et il vaut mieux le connaître avant de se présenter, dossier en main, devant la direction de la crèche.
- 13 vaccins sont désormais obligatoires pour entrer en crèche, depuis l'ajout des méningocoques ACWY et B en 2025.
- Le parcours vaccinal comprend 8 rendez-vous et environ 13 injections entre 2 mois et 16-18 mois, entièrement pris en charge par l'Assurance maladie.
- En cas de retard, une admission provisoire de 3 mois est accordée, au-delà de laquelle une exclusion de la crèche est possible.
Onze maladies, cinq familles de vaccins : la nouvelle donne pour votre bébé
Depuis 2018, tous les bébés nés en France doivent être vaccinés contre onze maladies pour pouvoir intégrer une collectivité, qu’il s’agisse d’une crèche, d’une assistante maternelle ou de l’école. Ces onze maladies couvrent la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae b, l’hépatite B, le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole. Elles se regroupent en cinq grandes familles de vaccins : le combiné DTP, la coqueluche, l’Hib, l’hépatite B et le ROR, auxquels s’ajoute le pneumocoque. Mais voilà, depuis janvier 2025, deux vaccins supplémentaires sont venus s’ajouter à cette liste déjà bien remplie : les méningocoques ACWY et le méningocoque B. Résultat, on passe de onze à treize vaccins obligatoires, une évolution qui concerne tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018, avec une date-pivot fixée au 1er janvier 2023 pour l’extension liée aux méningocoques. Autant dire que la fameuse « poignée de vaccins » évoquée par certains parents appartient déjà au passé.
Bonne nouvelle tout de même : le calendrier 2026 n’ajoute aucune nouvelle obligation par rapport à celles déjà en vigueur depuis 2025. La liste des treize vaccins reste donc stable, ce qui laisse un peu de répit aux familles pour s’organiser sereinement.
Du 2ème mois aux 18 mois : le parcours vaccinal minute par minute que votre enfant doit suivre
Concrètement, ce parcours vaccinal représente 8 rendez-vous médicaux et environ 13 injections, grâce aux vaccins combinés qui permettent de regrouper plusieurs protections en une seule piqûre. Le tout s’étale de 2 mois jusqu’à 16-18 mois. Voici le détail du calendrier, tel qu’il s’applique aujourd’hui :
| Âge de l’enfant | Vaccins administrés |
| 2 mois | DTP, Hib, hépatite B, pneumocoque |
| 3 mois | 1ère dose méningocoque B |
| 4 mois | 2ème dose des vaccins de 2 mois (DTP, Hib, hépatite B, pneumocoque) |
| 5 mois | 2ème dose méningocoque B |
| 6 mois | 1ère dose méningocoque ACWY |
| 11 mois | 3ème dose des vaccins de base |
| 12 mois | 2ème dose méningocoque ACWY, rappels |
| 16-18 mois | Rappels selon le schéma national |
Le méningocoque B suit donc un schéma en trois injections (3, 5 et 12 mois), tandis que le méningocoque ACWY se fait en deux temps, vers 6 mois puis 12 mois. Rien d’insurmontable, mais autant dire que ce calendrier demande un minimum d’organisation, surtout quand on cumule les rendez-vous chez le pédiatre avec les autres impératifs du quotidien. Point rassurant : l’ensemble de ces vaccins obligatoires est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, et l’historique vaccinal de votre enfant peut être consulté à tout moment sur Mon Espace Santé, via ameli.fr. De quoi éviter de fouiller frénétiquement dans le carnet de santé la veille de l’inscription en crèche.
Retard, contre-indication, rattrapage : ce qu’il faut savoir avant l’entrée en collectivité
Sauf contre-indication médicale attestée par un médecin, l’enfant doit être à jour de ses vaccinations obligatoires pour être admis en crèche, chez une assistante maternelle ou à l’école. Mais que se passe-t-il en cas de retard, situation finalement assez courante entre les rendez-vous décalés et les périodes de maladie qui repoussent les injections ? L’article R.3111-8 du Code de la santé publique prévoit une admission provisoire de 3 mois en crèche, le temps de régulariser la situation. Passé ce délai, une exclusion reste possible si le carnet de santé n’est toujours pas à jour.
Quelques repères utiles pour aborder cette étape sans stress :
- Vérifiez le carnet de santé dès l’inscription en crèche, et pas la veille de la rentrée.
- En cas de retard, contactez rapidement le médecin, le pédiatre, la sage-femme ou la PMI pour organiser un rattrapage.
- Un refus de vaccination n’est possible que via un certificat médical de contre-indication établi par un médecin.
- Gardez en tête que les 3 mois d’admission provisoire ne sont pas extensibles : mieux vaut anticiper que de courir après un rappel manquant.
- Consultez régulièrement Mon Espace Santé pour suivre l’historique vaccinal sans avoir à ressortir le carnet papier.
Autre point à surveiller pour les familles concernées par la petite enfance professionnelle : la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 prévoit une future obligation d’immunisation contre la rougeole pour les professionnels du secteur. Son entrée en vigueur dépend toutefois d’un décret d’application qui n’a pas encore été publié, une évolution à suivre de près pour les structures d’accueil. Enfin, d’autres vaccins comme le rotavirus, le BCG ou la protection contre le VRS restent recommandés mais non obligatoires pour l’entrée en collectivité : ils complètent la protection de bébé sans conditionner son admission.
En résumé, la liste des vaccins obligatoires pour entrer en crèche est passée de onze à treize, avec l’ajout des méningocoques ACWY et B depuis 2025. Un calendrier plus dense, certes, mais qui reste stable pour 2026 et qui s’accompagne d’un filet de sécurité en cas de retard. À l’approche de la rentrée en crèche, mieux vaut donc jeter un œil au carnet de santé bien avant le grand jour, histoire d’éviter les mauvaises surprises administratives une fois le sac à langer déjà préparé.

